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Les amis de la cathédrale Saint Pierre de Lisieux

La chapelle axiale ou chapelle de la Vierge

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Un petit historique pour cette chapelle :


Cette chapelle qui orne l'abside de la cathédrale a été construite sous l'épiscopat et les soins de Pierre Cauchon, qui fût évêque de Lisieux de 1432 à 1442.
A l'origine, c'était la chapelle Notre Dame; un doute subsiste quant aux causes de la construction de cette chapelle par l'évêque Cauchon.
 Il est avancé une hypothèse : que cette dernière aurait été édifiée par l'évêque en expiation de la sentence inique qu'il avait prononcée contre Jeanne d’Arc.
 Cette idée avait pris naissance au XVIIIème siècle et s'est propagée sans preuves réelles. Le repentir de Pierre Cauchon n'est prouvé par aucun titre.
 
Il est important de noter que la cathédrale de Lisieux, comme un champ d'honneur, recevait ses évêques dans la mort, dont Pierre Cauchon, et ses nombreux chanoines. Mais la tourmente révolutionnaire a troublé largement la paix des tombeaux.
 
Cette chapelle se distingue du reste de la cathédrale par sa clarté et sa légèreté, c'est là que s'épanouit le gothique flamboyant.
Nous allons détailler chaque partie de cette chapelle.

Elle se compose de trois travées et est terminée par une abside à pans coupés.

Ses caractéristiques : longueur : 17,20 mètres - largeur  6,88 mètres.

Neuf grandes fenêtres  flamboyantes illuminent la chapelle. Chaque fenêtre est  en quatre baies par un meneau central avec aussi quatre meneaux secondaires.

chapax_027g.jpg 1 chapax_028g.jpg chapax_029g.jpg 2 mur latérale nord - 2ème travée Bas relief : Saint Paul avec son glaive- cliquez pour agrandir bas-relief : Saint Jacques avec son bâton de pèlerin - cliquez pour agrandir bas-relief : Saint Ursin - Cliquez pour agrandir

Saint Jacques

Saint Ursin

mur latéral nord - 2ème travée - cliquez pour agrandir mur latéral nord - 1ere travée cliquez pour agrandir

Saint Paul

2 Abside : mur latéral sud Abside : mur latéral sud 3 4 Abside : mur latéral sud Astibe - autel Astibe côté sud mur latéral nord 1ere travée

Sur le mur latéral  Nord : on note la présence de trois bas-reliefs.


Ces bas-reliefs façonnés dans la seconde moitié du XV è siècle reflètent bien les caractères de ce siècle. .


Il est à noter qu’aussi bien sur les murs latéraux Nord ou Sud, ces bas-reliefs sont de petits monuments funéraires élevés à la mémoire des chanoines. Dans chacun de ces  bas-reliefs nous voyons un chanoine à genoux avec un saint protecteur identifiable grâce à ses attributs chacun présente une supplique en faveur de son âme.


Sur la longueur des trois travées, un banc en pierre  sert d’appui aux colonnes qui reçoivent la voûte.

L’un des faisceaux de colonnettes, le dernier, (3) laisse apparaît une niche vide à mi-hauteur.

Anciennement, cette niche abritait une statue de la Sainte Vierge,cependant il reste encore les armoiries
de l’évêque Pierre Cauchon surmontées de celles de Jeanne d’Arc.  


Sur le mur latéral Sud :


Tout comme sur le mur latéral Nord, trois bas-reliefs s’inscrivent dans ce mur.

Il est remarquable de constater que les ornements et les encadrements, suivant leur période d’exécution, diffèrent. Cependant tous sont réalisés d’une manière identique : le chanoine, toujours accompagné de son protecteur, adresse sa supplique à l’Enfant Jésus ou à Notre Seigneur étendu mort sur les genoux de sa mère.


Ce sont les saints patrons des maisons canoniales dont disposaient les chanoines.

Les colonnes qui soutiennent la voûte prennent leur assise sur un banc de pierre ainsi que celles des arcatures décorant tout le soubassement.

Les arcatures et les écoinçons sont remplis de sculptures  ‘’ quelque peu étranges ‘‘.

Mur latéral Nord

mur latéral nord - 3ème travée - cliquez pour agrandir mur latéral sud - Saint Martin -  Cliquez pour agrandir

Mur latéral Sud

mur latéral sud - Cliquez pour agrandir mur latéral sud - Cliquez pour agrandir

Sainte Martin

cliquez pour agrandir  mur latéral nord - 1ere travée - cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir mur latéral nord - 3ème travée - Cliquez pour agrandir mur latéral nord - 3ème travée - Cliquez pour agrandir mur laréral sud - 1ere travée mur latéral sud - Cliquez pour agrandir mur latéral sud - Cliquez pour agrandir mur latéral sud - Cliquez pour agrandir mur latéral nord - 2ème/3ème travée - Cliquez pour agrandir mur latéral nord - 3ème travée mur laréral sud 2ème travée mur latéral sud - Saint Michel - Cliquez pour agrandir mur latéral sud - Sainte Catherine - Cliquez pour agrandir mur latéral sud - Cliquez pour agrandir

Saint Michel

Sainte Catherine

mur latéral sud - Cliquez pour agrandir mur laréral sud 3ème travée

En partie haute, trois grandes fenêtres aux vitraux modernes garnissent l’abside.

Réalisées en 1855 par une fabrique du Mans, et installées en 1856, ces vitraux sont relatifs à la vie glorieuse et à la vie douloureuse de la Mère du Sauveur.

Le vitrail central est consacré à l’Assomption et au couronnement de la Vierge.

Le vitrail, côté Epître, est consacré aux scènes douloureuses de la vie de La Sainte Vierge.

Côté opposé, donc côté de l’Evangile, le vitrail représente à la fois l’Annonciation, la Visitation, la Nativité et l’Adoration des Mages.

La partie située derrière l’Autel est donc composée de trois pans coupés.


1- côté Nord :


En partie basse : jusqu’au mois de décembre 1705, le tombeau de l’évêque Pierre Cauchon y était visible. Bien qu’il soit mort à Rouen le 18 décembre 1442, ce dernier fût inhumé à Lisieux.

Une très belle voûte en pierre de Caen couvrait le tombeau et une grille de fer.

Entre 1754 et 1783, ce tombeau fût complètement détruit. Monseigneur de Condorcet fût inhumé au-dessus du caveau de l’évêque Cauchon.

En 1793, pendant la Révolution, le tombeau de l’évêque de Condorcet fût ouvert et profané, sans pour autant que celui de Pierre Cauchon soit trouvé. Toutefois, lorsque le tombeau de Pierre Cauchon fût  enlevé, tout laisse penser que la statue tombale avait été mutilée ; aujourd’hui, nous la retrouvons dans le collatéral du croisillon Nord.

En décembre 1805, l’autel fût réparé.

Reste aujourd’hui deux bas-reliefs du XVè siècle,  provenant de l’ancien jubé, qui a été détruit en 1689.    

Abside Chapelle axiale - L’abside - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale -Bas-relief de la Crucifixion - Cliquez pour agrandir

L’abside aux trois pans coupés

1 – Bas-relief de la Crucifixion : le Christ sur la Croix avec à ses pieds douze personnages prosternés, entouré de deux larrons.

                   

Sur la partie gauche, nous notons la présence de Maria Madeleine, la Vierge et les saintes femmes.

Sur la partie droite, se trouve un groupe de passants et de soldats, tous portants des drapés très amples.


2 – Bas-relief de la Résurrection : planté dans un décor de rochers et d’arbres ce bas-relief nous fait découvrir le Christ sortant du tombeau; présentes aussi les saintes femmes qui découvrent le linceul plié dans le tombeau vide.

Au pied de ce dernier, des soldats.

Chapelle axiale -Bas-relief de la Résurrection - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir

médaillon central

 médaillon de droite

 médaillon de gauche

prophète ISAÏE

roi David

 l’Annonciation

La Visitation

En partie centrale : l’autel

abside autel

Réalisé en 1852 d’après des dessins de Monsieur Bouet, l’autel en pierre étale à nos yeux le luxe d’ornementation néo-gothique.

Deux parties distinctes: le tombeau et le retable.


Le tombeau

la face avant du tombeau est divisée en trois parties portant chacune un médaillon symbolique.

- Le médaillon central comporte des lis et des épines. ils représenteraient les angoisses de la vierge Marie. Ce médaillon porte le monogramme de Marie avec une couronne ducale.

- Le médaillon de droite est composé d’épines ce qui correspond à l’emblème de la souffrance et de la douleur. Il représente une étoile rayonnante portant l’inscription ‘ Quasi stella matutina ‘ (comme l’étoile du matin).

- Le médaillon de gauche est décoré par une couronne de roses qui est l’emblème de la gloire et du triomphe. Un palmier décore ce dernier autour duquel un phylactère s’enroule. Une inscription aussi ‘ Quasi palma exaltata sum‘ (J’ai poussé mes branches en haut comme le palmier).

Ces trois médaillons font découvrir des sculptures réalisées avec beaucoup de finesse.


Deux niches, surmontées par des dais à jour, les séparent.

Dans la niche droite, la statue du prophète ISAÏE; ce dernier tient une banderole sur laquelle est écrit ‘ Ecce Virgo concipiet‘ (Voici que la Vierge concevra).

Dans la niche de gauche, trône la statue du roi David avec l’inscription ‘ Glorosia dicta sunt te de’ (Glorieuses choses qu'on a dites de toi).

A chaque angle du tombeau, deux autres niches plus importantes :

  - à gauche : un groupe de statues figure l’Annonciation avec l’Ange Gabriel qui tient dans la main gauche un phylactère avec l’inscription ‘ Ave gratiâ plena’ (Salut, pleine de grâce), dans la main droite une branche de lys.

  - à droite : un autre groupe de statues représente La Visitation : l’Enfant Jésus est porté par le vieillard Siméon.

Un ‘gradin‘ relie le tombeau au retable avec de fines sculptures de lys et d’épines qui sont entrelacés.               

piscine *, petit bassin creusé dans la pierre, au fond duquel est un trou pour l'écoulement des eaux. Le servant de messe y verse l'eau du lavabo

abside côté sud Chapelle axiale- abside côté sud - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- abside côté Sud - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- abside côté Sud - Cliquez pour agrandir

celui côté Sud 

Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir Chapelle axiale- Autel - Cliquez pour agrandir

 LE RETABLE.

Bien que moins riche que le tombeau, le retable nous fait découvrir trois niches, finement sculptées et d’un fini admirable, surmontés de dais à jour.

- la niche centrale, la plus large des trois, est occupée par la statue de La Sainte Vierge. Cette dernière, tenant L’Enfant Jésus dans ses bras, est admirable et parée d’un ensemble  robe et manteau  sculpté avec finesse suivant les règles de la statuaire du XV è siècle.

- la niche de gauche  nous dévoile un ange portant une longue robe recouverte d’un manteau. La palme du triomphe est tenue dans sa main droite, et une couronne dans son autre main.

 - la niche de droite contient aussi un ange  vêtu d’une dalmatique à manches. Cet ange tient dans ses mains un glaive.  

Les deux niches extrêmes sont reliées  par une galerie travaillée à jour, formées de fenêtres flamboyantes au-dessus desquelles sont posés des gâbles, terminés  par des panaches élégants.

Attachée à des pilastres gothiques, une jolie draperie.Ces pilastres sont décorés de jolis médaillons :Celui de gauche représente une couronne de roses avec le monogramme de Marie composé de sept glaives avec une banderole qui est mise en avant avec l’inscription ‘ Veni coronaberis’ (Venez et vous serez couronnée).

Le médaillon de droite est formé d’une couronne d’épines avec en son centre sept glaives enlacés pour former aussi le monogramme de Marie et aussi avec une banderole sur laquelle est écrit ‘ Pertranfibit gladius’.

banc de pierre servant d'appui aux colonnes - cliquez pour agrandir

Sur ce mur Sud, un écoinçon remarquable, séparant deux arcades, est à remarquer. C’est une étrange figure, une bête fantastique avec des caractéristiques mi- humaines, mi- canines.


Vu de côté, ce quadrupède a les pattes avant anthropomorphes mais dotées de mains et se tient les fesses d’une main. Les flancs sont maigres à tel point que l’on voit ses côtes.

Sa tête est semblable à celle d’un chien mais avec des oreilles d’hommes et sans queue ; autour du cou, il porte un énorme grelot.

Mais quel sens donner à cette ‘ figure ‘ ? aucun texte médiéval ne donne une réponse.

Une légende du XIXème siècle nous en donne la raison ( relevée dans le bulletin n° 76 de la Société Historique de Lisieux)

En voici ce récit en intégralité :

- Quand au loup, terreur des bergers et des troupeaux, c’est un jeune mouton qu’on lui servait avec le même cérémonial; il paraît qu’on lui adressait en outre une prière un peu plus accentuée. Voici ce que j’ai pu en savoir :

- << Sainte Marie, roi du loup, bridez le loup; Sainte Agathe liez lui la patte; Saint Loup, tordez  lui le cou, amen >>

Pourquoi, ai-je demandé, cette expression : Sainte Marie, roi du loup ? On aurait dû dire ; reine. non pas, m‘a-t-on répondu, c’est bien roi qu’il faut dire et voici pourquoi :

La Vierge Marie avait un jardin planté de choux qui étaient devenus très beaux. Les chèvres des voisins étant venues les brouter, la Sainte Vierge s’en plaignit à Dieu qui créa les loups pour protéger le jardin de sa mère contre les chèvres.

Mais les voraces gardiens, outrepassant leurs attributions, dévorèrent les pauvres chèvres, puis les moutons, puis tous les animaux domestiques du voisinage. Marie recevant des plaintes de tous côtés, manda les loups, les tança vertement et pour les punir les obligea ou de porter un clérin (grelot), ou de se laisser éreiner ( éreinter).

Les loups optèrent tous d’une voix, pour le clérin qui leur parut d’abord une douce pénitence. Mais votant qu’avertis de leur marche, les animaux fuyaient à leur approche et leur échappaient toujours, ils revinrent, mourant de faim, trouver la Sainte Vierge qui les éreinta, c’est-à-dire changea leurs côtes de position en les mettant de travers en long, si bien que, quand on prend le loup par la queue il ne peut plus se replier sur lui-même pour mordre.

Ainsi, on peut voir un loup porteur d’un grelot, avec un problème aux côtes, en relation avec la Vierge.

écoinçon remarquable